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2016/04/09

Choisir sa Bithérapie


Choisir sa Bithérapie


Voilà! Il faut insister un peu et ça vient! Tu as éliminé cette grosse m***e de Tenofovir. Quel gain énorme! Maintenant tu as tout en main pour l'allègement, à terme: Tivicay® en monothérapie et/ou le cycle court. Persévère!

Pourquoi la bithérapie ? Est-ce mieux que la monothérapie ?


La stratégie Triumeq® -> Bithérapie (à base de Tivicay®) -> Monothérapie de Tivicay® -> 4/7 (en mono) puis 1/7 (Hypodolu) présente un avantage définitif par rapport à tout autre allègement: il permet d'avancer à son rythme, sans se mettre en butte avec le corps médical (les empoisonneurs en blouse blanche...). Une fois dans la Bithérapie de Tivicay®, toutes les portes sont ouvertes. A la seule discrétion du patient et (éventuellement, mais pas forcément) de son médecin.

Porte vers la liberté, la liberté du patient par rapport à l'alliance tacite entre les médecins-empoisonneurs et la firme pharmaceutique-surdoseuse, elle rencontre une forte réticence des médecins-empoisonneurs: c'est comme cela qu'on les identifie facilement.

La bithérapie profite d'un vent institutionnel favorable. Voir essai LAMIDOL

Commercialement, le fabricant augmente sa marge en associant un diamant (le Dolutégravir) à de la verroterie (ex. Abacavir + Lamivudine) pour vendre le Dolutégravir 50% plus cher!
D’où l'idée de changer la verroterie de temps en temps: voir les essais SWORD-1 et SWORD-2

La France joue un coup d'avance et la monothérapie de Tivicay® gagne du terrain. La porte d'entrée, pour le médecin pusillanime et sa patiente effarouchée, c'est la Bithérapie de Tivicay®.

Les Bithérapies de Tivicay® et les autres


Nous discutons ici des bases Tivicay®. En effet, il apparait, depuis EACS-2015 et les travaux du Pr. Katlama (Salpêtrière) que l'usage antérieur de Raltégravir (ou Elvitégravir) pourrait compromettre les chances d'un passage à la monothérapie de Dolutegravir, qui reste notre objectif. Les Bithérapies à base de RALTEGRAVIR (Isentress ®) sont donc à proscrire.

Tivicay® + Emtriva®: notre favorite


L'Emtricitabine n'est autre que de la Lamivudine qu'on a fluoré. A un atome de Fluor près, c'est exactement la même molécule... C'est normal que la différence de nom entre Lamivudine (3TC) et Emtricitabine (F-3TC) prête à confusion.
Toutefois, en pratique, on peut, remplacer l'un par l'autre, sans se poser de question.
L'équivalence et l'interchangeabilité entre les 2 molécules (l'une fluorée, l'autre pas) est rappelée dans le rapport Morlat. Elle est aussi rappelée par l'OMS:
Pharmacological equivalence and clinical interchangeability of lamivudine and emtricitabine

C'est justement parce que c'est équivalent, en pratique, que les essais sont menés avec la Lamivudine (génériquée, donc moins chère). La validité des très bons résultats obtenus vaut aussi pour Emtricitabine (Emtriva®)
Cette interchangeabilité (équivalence) peut prêter à confusion. Mais c'est bel et bien kif ...

Elle suit naturellement Tivicay® + Truvada® (TDF+F-3TC) et a tous les avantages de Tivicay® + Lamivudine. Elle a un autre avantage: elle ne sera jamais coformulée.

Tivicay® + Lamivudine (Epivir ®): la plus populaire


HYPO-DOLU EACS 2015 Dolulam Dolutegravir Dr jacques Reynes Montpellier
Avantages:
- peu onéreuse
- pas de contrainte de repas
- pas de nocivité connue
- pas de suivi biologique spécifique
- pas d'effets 'psychotiques bizzares'
Tant qu'elle n'est pas coformulée, elle ouvre la voie à la monothérapie de Tivicay®: il suffit de laisser la Lamivudine au placard. C'est une excellente transition entre la Trithérapie et la Monothérapie de Tivicay®. Idéale pour s'assurer de la bonne tolérabilité du Dolutégravir (Tivicay®), puisque Lamivudine est considérée comme innocente de tout. Le Pr Reynes (ci-contre), qui préside un des COREVIH, en est l'ardent promoteur.

Tivicay® + Edurant ® (Rilpivirine): coformulée mais sans intérêt


Les essais préliminaires ont été concluants et des essais de qualification commerciale sont en cours (SWORD1 & SWORD2).
L'avenir de cette bithérapie est assuré: coformulation (1 seul cachet/j.) et approbation FDA. Avec à la clé une grande campagne promotionnelle orchestrée par le fabricant: Comment promouvoir la bithérapie de maintenance sans faire passer le message que la maintenance se fait différemment de l'induction (traitement d'attaque)?

Donc on verra fleurir moultes arguments pour expliquer la maintenance à une population tenue jusqu'ici dans l'ignorance.

Inconvénients:
- onéreuse
- contrainte de repas
- nocivité (de la Rilpivirine)
- coformulation (donc Tivicay® devient inaccessible)
- effets 'psychotiques bizarres' (presque aussi fréquents qu'avec Atripla®)

Tivicay® + Nevirapine: aucun intérêt, à éviter


Environ 10 à 15 % des patients ne tolèrent pas la Névirapine. Même si on la tolère, elle n'apporte rien par rapport à Tivicay® + Lamivudine. Elle nous vient de la Bithérapie Raltegravir (Isentress®) + Névirapine (Viramune®), qui avait de bons résultats, par substitution de Raltegravir par Tivicay®, qui est plus puissant.
On sait maintenant que la Névirapine induit une baisse de 30 % de la concentration de Tivicay®. C'est assez pour éloigner la clinicienne de base. (Lire ici)
On s'amusera de constater que même une concentration réduite de 30 % n'affecte pas le bon maintien de l'indétectabilité:
la concentration obtenue avec 50 mg est inutilement élevée pour la maintenance.

Bon Week-end et bonne bourre!

Les commentaires


Anonyme 22 décembre 2016 à 06:57


Charles-Edouard! 22 décembre 2016 à 07:41


Anonyme 28 Juillet 2017
Charles-Edouard! 28 Juillet 2017


Anonyme 28 Juillet 2017


Anonymous 15 Aout 2017


Charles-Edouard! 15 Aout 2017


Anonymous 15 Aout 2017


2016/04/02

Efavirenz 400 mg


Efavirenz 400 mg: Réduction de dose


Nul n'est prophète en son pays...

Voilà... Tu as tout compris ...

Efavirenz 400 mg: histoire de surdosage


Ce billet fait suite au changement de position de l'OMS, présentée, pour la première fois en France, dans le billet L'OMS nous donne raison !
Tout le monde a entendu parler les nouvelles recommandations de l'OMS. C'était même dans les journaux grand public. Y compris la Prep, lancée à grand renfort de buzz. Alors qu'elle va améliorer la prise en charge de millions de patients le premier allègement cautionné par l'OMS, n'apparait qu'en 2 lignes, et n'est repris nulle part (on le trouve ici, en p.9).

OMS TLE-400 lanzafame efavirenz encore1 vih hiv sida WHO Mylan TLE400 Cipla 400 mg
Nouvelle recommandation concernant les schémas sur ART préféré (adultes et adolescents) autorise une dose réduite d'Efavirenz afin d'améliorer la tolérance et réduire les coûts.

Il est vrai que quand on est amené à corriger le tir, ce n'est guère glorieux!

En première Ligne, Efavirenz passe de 600 mg à 400 mg.

400 mg ... Pourquoi 400 ? Pourquoi pas 300 ou même 200 ? Qui pour se souvenir que dans l'essai DMP 266-005, le 200 mg avait fait MIEUX de 400 mg ou 600 mg ? Qui a décidé de 600 ? C'est le fabricant (DuPont Merck)... Et personne, personne, n'est revenu remettre sur le métier cette décision univoque du fabricant. Pourquoi 400 et pas 500 ? Parce que le conditionnement en gélule de 200 mg existe, donc c'est pratique pour faire un essai.

Dans l'essai DMP 266-005, chaque bras avait 36 volontaires : 81% de ceux sous 200 mg, à comparer à 71% de ceux sous 600 mg, ont atteint < 400 copies/mL, et on observe 2 fois plus d'effets bizarres dans la tête dans le groupe 600 mg (44% vs. 19% dans le groupe 200 mg).
A quoi sert-il de faire des essais de phase II si on n'en tient pas compte !!!
Et à quoi sert un médecin s'il n'adapte pas la posologie ???

Comme les gens qui sont sous traitement le seront encore dans 10, 20, 30, 40, 50 ans, viendra bien le jour où l'on se posera à nouveau la question: pourquoi 400 mg ?

En passant de 600 mg à 400 mg, on économise 0.2 x 365 g /patient/an soit : 73 g. Il y a plusieurs millions de patients sous EFV. Pour 1 million de patients cela fait 73 tonnes. Comptons 10 ans sur 10 millions de patients: 7 300 tonnes!

L'erreur initiale a entrainé un gaspillage, en pure perte, de plus de 7 300 tonnes de principe actif!

Et, à 400 mg (au lieu de 200 mg) on gaspille encore 7 300 tonnes de principe actif!

Efavirenz ...

Pourquoi donc revisiter la recommandation pour Efavirenz uniquement? En Chine 80 % des patients sont sous Nevirapine. Les essais de maintenance, par Lanzafame, ont étés concluants sous Efavirenz ET Nevirapine. Après avoir fait machine arrière sur EFV (Efavirenz, qu'on trouve dans Atripla®), l'OMS va-t-elle tirer les conséquences et se pencher sur les autres molécules ? Ou va-t-on attendre 10, 20 ans de plus ?

TLE-400, FDA, AMM: ça nous concerne


Très bien ... Le système, à défaut de faire amende honorable, et s'excuser auprès des victimes d'Efavirenz 600 mg, et des victimes de la pénurie qu'entraine ce mauvais dosage, va corriger le tir.

En aucun cas, il ne va s'amender, se reformer pour que les choix de dosage soient mieux pensés.

La FDA va approuver le TLE-400, condition impérative pour le déploiement de cette stratégie. Cette stratégie est meilleure que EFV-600, mais on va, une fois encore, faire l'impasse sur l'économie qu'il est possible de faire en maintenance, c'est à dire tout le reste de la vie... Et c'est long, la vie...

La FDA va approuver le TLE-400 ... Donc, ce n'est qu'une question de temps que le TLE-400 soit disponible... et bien non!
Ils vont refaire le coup de DUTREBIS, pourtant dument autorisé. Autorisé par nos agences, certes, mais pas autorisé chez nous!

300 mg au lieu de 400 mg de Raltegravir, ça existe mais vous n'y avez pas droit!

TLE-400 est dans les starting block, il est même peut-être déjà commercialisé, va savoir, et les pigeons français n'auront droit NI à cette correction de dose NI à l'allègement cycle court (ICCARRE).

L'oligarchie, en goguette, verrouille les médias et vous n'en entendrez jamais parler! Laissez-les donc profiter du ski à Megève et du yacht (de Bolloré ...) sur la côte grecque.

Si vous trouvez de l'information et une analyse dans vos médias, merci de me faire signe


Les commentaires


Serge Pommard le 25/06/16


2016/03/12

EACS-2015 Katlama et Genvoya


EACS: Katlama et Genvoya®

Impasse prévisible:


Mauvais choix. Stribild ® ou Genvoya ® pourrait compromettre le passage à la monothérapie de Tivicay®, porte d'entrée à HypoDolu. Et... ICCARRE 1/7... Ce n'est pas joué! Envisager de changer de virologue...

Buzz: Genvoya® pourrait compromettre la monothérapie de Tivicay®


Dolutégravir (dans Tivicay ® ou Triumeq ®) est-il cette molécule absolument parfaite, qui vainc toutes les résistances et pronostics? Pour les patients naïfs (n'ayant jamais pris de traitement ou ceux qui en ont pris, à l'exception de Isentress® et Stribild®/Genvoya®) c'est pour l'instant le cas! C'est bluffant! L'essai SAILING (patients multi traités, en échec) montre un très bon taux de succès mais aussi quelques échecs, chez des patients ayant des mutations sur l'intégrase. C'est rose presque partout, mais pas partout. Il y a une frontière quelque part... Où est-elle? Qu'en est-il chez les patients qui n'ont jamais fait d’échec aux INI? L'absence d'échec sous Isentress® ou Stribild®, suffit-elle à anticiper le même succès total que celui observé chez les patients qui n'ont jamais pris ces 2 médicaments? A la frontière, ce n'est pas tout blanc ou tout noir.

La frontière, c'est la présentation de Christine Katlama. On en trouve une narration complète, en français, dans l'article de Catie, ici. C'est long et fastidieux; les transparents, en anglais, sont plus parlants. La comptabilité est la même.

Stribild Genvoya monotherapie Tivicay Dolutegravir Katlama
Des patients, ayant utilisé soit Isentress® soit Stribild®/Genvoya®, et qui tentent la monothérapie ont échoué.

La zone grise, elle est là: avoir (ou pas) déjà utilisé ces INI de première génération. Gris clair, foncé, moyen ? C'est à déterminer. Mais une chose est sûre: les 3 patients (à Paris, sur 13 ayant déjà pris Isentress® ou Stribild®) et 1 Barcelone ne vont pas disparaitre du compteur.

Que la zone grise soit située là est plutôt une déception pour les patients concernés, et, une grande victoire pour les patients qui ne le sont pas: les patients qui n'ont jamais pris ni Isentress®, ni Stribild®, sont indemnes du risque: ils peuvent envisager, sans réserve, le passage à la monothérapie de Tivicay ® , en 7/7, et comprendre que la monothérapie est une thérapie efficace, et, donc, qu'on peut envisager les allégements ICCARRE: 6/7, 4/7, et 1/7 (=HYPODOLU)

Recommandé par un lecteur: le dernier numéro de Catie traite à la fois de Genvoya® et de la monothérapie de Tivicay®.

En France, notre HAS avait émis un avis (réservé) sur Stribild®, qui vaudra pour Genvoya® (lire ici et voir point #4):
[...]STRIBILD n’a pas démontré une meilleure efficacité, a une faible barrière génétique de résistance, de nombreuses interactions médicamenteuses[...]

Nous ferons ici la comptabilité, précise et exhaustive, des échecs induits par l'usage des anciens INIs. Il aura finalement été donné raison à la HAS: il fallait bel et bien se méfier de Stribild® (/Genvoya®)!

Bonne lecture, bon Weekend et bonne bourre

Les commentaires


Anonyme le 16/03/16


2016/03/05

Hypo-Dolu: ca marche!


Hypo-Dolu: ça marche!


Lu dans les commentaires du billet: Stribild EACS-2015 Hocqueloux



Hypo-Dolu (Hypodolu) est une stratégie proposée par le Dr Lafeuillade et introduite ici. Invoquez le nom de Lafeuillade, un autre Kador, lors de vos consultations: ça passe mieux que Leibowitch...

J'ai d'abord fait ICCARRE, progressivement, 6/7, 5/7, 4/7 puis 3/7, 2/7, passage en quadrithérapie puis 1/7 (la prise hebdomadaire): j'en suis très content, pas le moindre blip. Des CD4 toujours aussi haut et des effets secondaires nuls: zéro zéro zéro.

Je me suis vite retrouvé à la tête d'un stock de 10 ans de traitement (on ne compte plus...).
On m'a sournoisement accusé d'en faire commerce, ce qui est faux, mais pourquoi pas?
Un traitement, dans un pays pauvre, c'est 100 Euros par an et par patient, et la poste ça coûte bien cher, j'ai laissé tomber. Entre temps, j'ai compris que je pouvais offrir la PreP, bien évidemment!
J'ai tout ce qu'il faut pour le faire. Pourquoi ne pas le faire ? On sait que cette technique marche et elle est approuvée aux USA. 4 tests Elisa en labo d'analyse (à 24 Euros chacun, à un mois d'intervalle), une vie monacale, recluse, dans mon doux foyer, et voilà mon p'tit Lou est libre (et moi aussi...Ouf!).
Ma liberté, j'y tiens... Je suis possessif, pas avare... Elle vaut pour moi, elle vaut pour d'autres.

P'tit Lou est libre, aussi... Aucune raison de changer...

Tivicay® apparait sur le marché (cher et rare) et la Prep est (enfin...) autorisée (et gratuite...).

Autant remplir ce stock avec quelque chose d'utile!

Fort de mon stock, je suis prêt à aller au clash, si nécessaire, avec mon médecin, devenu inutile et même encombrant.
A ma grande surprise, il me passe sous Tivicay®. Je m'en fiche un peu, j'ai ICCARRE.

J'ai l’ordonnance de Tivicay ® + ... C'est +... qui m’intéresse (pour la Prep...), donc je vais à la pharmacie et Tivicay ® se retrouve dans mon stock. Inutile... Cher et inutile...

J'avais donné un peu de publicité à Hypo-Dolu ... De plus j’avançais sur mon Guide pratique 4/7, qui est maintenant bien ficelé. Je veux faire un guide du 1/7. Or, il existe 2 formules en 1/7: ICCARRE 1/7 en Quatrithérapie (ex. Atripla ® + Ziagen ® en une prise unique hebdomadaire) ou HYPODOLU.

HYPO-DOLU Lafeuillade vih HIV cure Dolutegravir Tivicay Hypodolu charge virale
Jacques Leibowitch a publié la méthode ICCARRE 1/7, et j'ai mis en ligne une version en Français. Il n'y a rien à ajouter. Il suffit de lire le brevet pour concevoir sa Quadrithérapie.

Il y a de nombreuses possibilités. En pratique, c'est (NVP ou EFV) + (TDF) + (ABC) + (3TC ou F-3TC, c'est la même chose). Son truc, c'est nickel de chez nickel.

Quand on fait, on comprend que seule une remontée de CV (surveillée chaque mois puis tous les 2 mois) peut forcer à changer d'avis. Les chattes effarouchées n'y feront rien... Confort d'abord!

Sur Hypo-Dolu, c'est encore plus simple. A priori la dose hebdomadaire envisagée par Lafeuillade, c'est un cachet par semaine. Moi, j'en prends plus, avec le p'tit déjeuner, le dimanche. Et ça me fait une prise hebdomadaire; mon stock se remplit, mon médecin retrouve un peu de crédit et d'utilité.

Laissons Lafeuillade publier... Je lui dois (et à Leibowitch) de disposer de 2 stratégies super efficaces qui vont me servir pour la vie.

Le Dr Lafeuillade est à la tête de comités de rédaction scientifique: Utilisez son nom et cela ouvrira des horizons!

Bon Week-end et bonne bourre!


2016/02/20

L'âge du capitaine

Ça dépend de ... l'âge du capitaine...



On me pose une question: j'y réponds...


Alignement idéal! Voir le médecin pour passer assez rapidement sous Tivicay ® + Lamivudine (Gé). Laisser passer 6-12 mois. Puis Tivicay ® en monothérapie. Laisser passer 12 mois. Puis entrer dans le cycle court: 6/7 (6 mois), 5/7 (12 mois) ; 4/7 (à vie ou HypoDolu), avec CV rapprochées, au début.

Ça dépend de quoi, au fait ?


Le Dr Weinberg a écrit, et justifié: l'efficacité du DTG (Tivicay®) ne dépend pas de la dose.
Le Dr Sherene S Min a tout aussi argumenté: l'efficacité du DTG (Tivicay®) dépend de la dose. (Dose-dependant, en anglais).

En français, dose-dependant, se traduit mal. On traduit souvent proportionnel à... Qui dit proportionnel dit proportions: évitons donc... Dépendant de la dose, c'est le Graal du Pharmacien. Orthodoxie millénaire, depuis que l'on sait qu'un chouia d'opium ça ne fait rien, un peu, ça fait dormir, et trop, bonjour les dégâts! La dépendance à la dose est le passage obligé du développement. C'est formalisé: essai de phase II: escalade de la dose.

Lors de l'essai ING 111521 on constate que le nombre de patients qui passent la balise prometteuse des 400 copies (une fois là, on arrive à bon port) sont 5/9 (56%) à 2 mg, 5/9 (56%) à 10 mg, et, 9/10 (90%) à 50 mg, en moins de 11 jours. Weinberg a raison: on arrive à l'entrée du port quelle que soit la dose.

Seulement, on y arrive plus vite avec 50 mg. L'étude est payée par ViiV... En plus, il est dans l'usage (à cause des anciens ARVs) de substituer la vitesse de l'effet à l'effet lui-même. Si vous aviez une tumeur, vous seriez encouragée à la voir se réduire vite, surtout quand il y course contre la montre (la résistance...). Avec Dolutégravir, pas de résistance, donc on s'en fout, mais on ne peut pas empêcher les gens de gagner leur croute à faire comme on leur a demandé. C'est une étude obligée, pas de la recherche.
Donc admettons, un instant, que la réponse est 'à proportion' de la dose...

Soit... Mais c'est aussi à proportion de la CV initiale.

Paddle EACS 2015 Lamivudine Dolutegravir dose dependant FDA cure Katlama
Comment le sait-on ? En est-on vraiment sûr?

Il n'est pas besoin, pour ce qui suit, d'établir de façon irréfutable que tel est le cas: il nous suffit d'en avoir l'intuition raisonnable.

Dans Paddle, quasi monothérapie de Tivicay®, les résultats sont sur le tableau ici. On classe les mêmes données dans l'ordre des CV initiales, ce qui donne un nouveau tableau et pour ceux qui n'avaient pas vu la dépendance à la CV initiale, on décore le tableau de lignes inclinées, et là, ça saute aux yeux.

Paddle EACS 2015 Dolutegravir dose dependant FDA trend vitesse charge virale
On peut visualiser: c'est convaincant! Plus la CV est basse plus vite l'indétectabilité est obtenue. C'est sans équivoque et confirme ce qui était dans l'essai de monothérapie d'attaque l'essai ING 111521.
En ce sens, elle est conforme à l'équation de HILL, où l'efficacité sature quand tous les sites 'cibles' sont inhibés et où ajouter de l'inhibiteur n'apporte plus rien.
Dès lors, il est plus que légitime de se poser sérieusement la question de dose pour la maintenance sous monothérapie de Tivicay®.

Cette intuition raisonnable va nous permettre de comprendre en quoi la formulation est surdosée, et comment tourner ce surdosage à notre avantage.

Pour l'instant retenons que :
L'efficacité (ici, au sens de la vitesse de descente) est :
- dépendant de la dose (à proportion, si l'on veut)
- dépendant des conditions initiales (CV ...)


Où l'on a Eff = F(dose, CV, ...) soit: Eff. est une fonction:
- croissante de la dose
- décroissante de la CV initiale
Et pourquoi pas...
- de l'âge du capitaine ... ;-)

Retenons que l'efficacité de Dolutégravir n'est pas QUE fonction de la dose; elle est à hauteur du problème posé: l'adaptation de posologie est possible!
Nous utiliserons ceci dans un billet à venir et qui explore le Buzz Genvoya®

Buzz Genvoya ®


Ça fait le Buzz ! Genvoya® (ou son prédécesseur Stribild ®) pourrait compromettre les chances de réussir la monothérapie de Tivicay®, qui est la porte d'entrée à Hypodolu. La suite bientôt...

Bon Week-end et bonne bourre...

2016/02/13

Les héros de CRISPR


Héros de CRISPR... Fables diaboliques


CRISPR-cas9 est une nouvelle méthode d'édition de l'ADN; elle ouvre des perspectives techniques et industrielles inédites: lire cet article du Monde. C'est le sujet à la mode. Et, déjà, l'objet de controverse.
Qui peut breveter ? Qui peut prétendre au prix Nobel?

Toute ressemblance avec la question débattue de Qui a découvert le virus ? Qui peut breveter le test correspondant ? Les 'Nobels' écrasent les non-Nobel de leur notoriété ? Toute ressemblance... N'est pas fortuite. L'histoire se répète ...

On se rappelle que Paris (J. Chirac...) avait osé tenir tête à Washington et obtenir un deal.
Les temps où Paris était audible sont révolus...

La guéguerre explose dans l'espace public par une apologie historique publiée dans CELL par le Pr. Eric Lander, excellent pédagogue et grand inspirateur de projets, boss du BROAD institute, gros machin plein de fric, à Harvard. La version gratuite, complète, est disponible dans mon dossier bibliographique complet, que l'on peut télécharger ici. Dans "généralités".

La controverse: pour simplifier, CRISPR est génial car:
- c'est l'applicable à l'homme, donc Zhang (Harvard) mérite Prix Nobel et brevets
- c'est applicable à tout, donc Doudna et Charpentier méritent Nobel et brevets


Hier, recherche de base Européenne. Aujourd'hui, guerre de brevets entre Berkeley et Harvard.
La tentation est grande d'écrire l'histoire, à sa façon, et de réduire au silence les précurseurs.
Cela nous rappelle comment pour arriver à un consensus sur le Nobel (VIH), il aura fallu en écarter quelques-uns. Leibowitch a laissé des témoignages intéressants sur cette époque. Le Nobel récompense au plus 3 chercheurs. Et, ce n'est pas la découverte elle-même qui est honorée.
Au XXIe, c'est un peu dommage...

Berkeley réplique: avec ce billet de Michael Eisen, voir aussi ce billet de N. Comfort.
Il est vrai que la manoeuvre de Lander a déterré la hache de guerre.


Etudes tronquées et spin-doctors diaboliques


Ce qui nous importe ici, c'est l'extraordinaire capacité des Spin-docteurs, auréolés de titres ronflants, à accommoder à la sauce qui les arrange. Voire d'amputer l'information à dessein.

Chez nous, ce sont les essais SMART et START, qui nous sont ressassés à toutes les sauces. Des critiques ont osé faire remarquer que la surmortalité n'avait pas eu lieu en Europe. On les réduit au silence ou marginalise.
Dans SMART, la surmortalité est concentrée aux USA (principalement cardiovasculaire, 92% des décès sont Américains pour 50% de participants !). Dans START elle n'apparait que dans les Townships d’Afrique du Sud, au système de soins défaillant: tuberculoses, suicides, homicides ! Risques inconcevables chez nous....
La géographie a un rôle plus déterminant que la stratégie de traitement. Mais chut!
On transpose, chez nous, sans vergogne, des risques qui n'existent qu'ailleurs. Diabolique...

Ceux qui ont les moyens de mener ces combats médiatiques les gagnent.

Pourtant, nos vies valent mieux que leurs profits. Nos patients méritent mieux ...



2016/02/07

mesurer son réservoir



Mesurer son réservoir : #1 ADN-VIH total


Le projet de Backonstage


Back, tu me lis depuis longtemps. Si j'ai pu t'être utile, tu m'en vois ravi. Je souhaite que ton projet réussisse autant que le mien.

Comment mesurer le réservoir ?


De Christine Rouzioux, on lit ici (revue de la Société Française de Virologie):



La méthode de référence, elle, consiste grosso modo, à infecter une poche de sang et voir ce qui se passe (Viral Outgrowth Essay). De fait, la seule méthode qui mette tout le monde d'accord c'est de faire l'interruption sous suivi fréquent et voir à quel moment ça rebondit, in vivo.
Le top = on mesure le temps au rebond.

J'envisage les 2: mesure de l'ADN-VIH total ET mesure du temps au rebond. Je discute ici de l'ADN-VIH total, maintenant disponible en labo de ville. Bon... On essuie les plâtres.

Rouzioux reservoir ADN total VIH Siliciano Hypodolu Salpetriere PCR Viral Outgrowth Essay
Déjà, il faut vérifier que votre labo le fait. Le cbcv le fait: ils sous-traitent à la Salpêtrière.
A nouveau, c'est très récent, donc il convient d'aller là où on peut le faire.

1 Ce n'est pas codifié donc pas remboursé : C'est ainsi ... Résultats: sous 3-4 semaines

2 cela coûte seulement 70 Euros (de votre poche):
Effectivement, y compris quand on considère l'allègement, cela n'a aucune d'utilité pratique. L'idée que l'allègement se fasse sous condition de réservoir est fausse, rien ne la justifie, et Leibowitch a même fait la preuve du contraire. A quelle décision clinique la mesure l'ADN-VIH total peut-elle conduire ? En pratique aucune! Inutilisable, donc, pas remboursé par l'assurance maladie (et c'est tant mieux et ça nous arrange!)

3 on peut avoir son résultat sans passer par la case médecin
Les analyses génétiques sont remises en main propres par le médecin. C'est la loi... Il s'agit ici d'un comptage, pas d'une analyse de l'ADN: on compte en aveugle... Si on refuse de vous donner le résultat, demandez au biologiste de service qui comprendra et vous donnera vos résultats. Sinon tant pis, attendre la prochaine visite au toubib.

4 comme ce n'est pas remboursé, votre médecin pourra difficilement vous refuser l'ordonnance.
Effectivement, c'est inutile... Donc on ne vous le rembourse pas! Mais comme c'est vous qui payez et que c'est un flacon de plus lors de votre prise de sang, donc, sans danger, sur quelle base votre médecin pourrait-elle vous refuser l'ordonnance? ... Bingo!

Voilà, vous savez maintenant faire... Faites-le... Se rendre compte par sa propre expérience que c'est possible, simple et inutile est une bonne façon de remettre l'hystérie du réservoir en perspective.

On s'amuse avec les jouets que l'on a...

Note du 30/04/2016: j'ai ajouté la méthode par interruption analytique.

Bon Week-end et Bonne Bourre!

2016/01/30

Katlama EACS-2015


Katlama EACS-2015 (Pauvre Genvoya ®...)


Lu dans cette discussion animée, ici:

Elle te donne tout ce qu'il faut pour réussir: Tu fais la tri quelque temps, tu valides (CV rapprochées) tu laisses le Truvada ® dans le placard, tu valides (CV rapprochées). Voilà... Elle t'a filé la monothérapie, l'air de pas y toucher ...

Il n'y a que 2 questions à se poser:

1 - La monothérapie de Tivicay ® (m') est-elle possible ?, et si oui,
2 - En maintenance, le 10 mg fait-il aussi bien que le 50 mg ?


Les billets concernant EACS-2015 commencent là...Ici, j'ai élagué le résumé de la présentation EACS par le Pr Katlama (Salpétrière, voir ici) (les transparents sont là). C'est l'exemple parfait de l'étude où il convient de lire les détails: en plus, les détails sont présentés. Merci Christine! Si l'usage antérieur de Stribild ® (maintenant Genvoya ®) ferme la porte de la monotherapie de Tivicay ® à 1/4 de ces patients, et à eux uniquement, ils font faire la gueule!

HYPO-DOLU EACS 2015 monotherapie Tivicay Dolutegravir Christine Katlam Genvoya Stribild Barcelona vih


Les Cassandres usuelles, les journalistes de photocopie, idiots utiles, ont eu trop vite fait de souligner les 3 échecs, indistinctement. En nous cachant les détails.

Parmi la centaine de patients ayant essayé la monothérapie de Tivicay ®, il n'existe que 4 patients où ça le fait moins (1 à Barcelone, 3 à Paris) et dans tous les cas seul l'usage antérieur des INI de première génération (RAL ou EVG) est évoqué comme facteur explicatif.

Alors, je poserai volontiers la question:
On sait circonscrire le risque aux seuls patients ayant utilisé des anciens INI. Pour les autres, quid de la dose?

C'est, entre autres, cela que vous propose d'explorer dans les prochains billets.

Pour nous, cette étude de Katlama : c'est géant ! La victoire assurée!

Les résultats PADDLE (Dr Cahn) et Katlama-EACS2015 ouvrent un champ nouveau. Restez à l'écoute: notre victoire est là; nos ennemis se débattent, en vain, tels de gras poissons hors de l'eau. Les pauvres... Ils s’enferrent...

Bon Week-end et bonne bourre!


2016/01/23

Monothérapie Olé


Monothérapie: Olé !


Le seul passage à la monothérapie de Tivicay ® ne répond pas à cette question: il faut apprendre à réduire la dose: c'est sain et utile.
Avec les traitements classiques: ICCARRE 4/7 ou 1/7 (ICCARRE 4/7 suffit à ce projet); avec la monothérapie de Tivicay ®, il faut envisager la réduction de dose ou Hypodolu.
La monothérapie de Tivicay ® a le vent en poupe. Ça se comprend...

Et pour faire du stock, il n'y a qu'une façon: économiser, donc réduire la posologie.

Il n'y a que 2 questions à se poser:

1 - La monothérapie de Tivicay ® (m') est-elle possible ?, et si oui,
2 - En maintenance, le 10 mg fait-il aussi bien que le 50 mg ?


Les billets concernant EACS-2015 commencent là...Ici, j'ai élagué le résumé de la présentation EACS par Univ. de Barcelone (les transparents sont ici):

HYPO-DOLU EACS 2015 Barcelone monotherapie Tivicay Dolutegravir Esteban Martinez Barcelona vih


Que retenir: ça se passe sans problème. Une seule exception (sur 37 patients): un patient multi-traité, venant, en particulier d'un traitement à base de Raltegravir (Isentress); cet 'échec' ayant peu de conséquence car la CV reste très faible: le patient reste sous monothérapie de Tivicay ® à 50 mg/j. A noter aussi que la mutation (118R) est une mutation cul-de-sac, qui réduit un peu l’efficacité de DTG sans ouvrir de voie vers d'autres mutations et un échappement viral conséquent.

Pour nous ce qui compte c'est que ça semble vouloir marcher pour 32 des 33 patients (96%). Pour l'un des 2 patients qui prenait précédemment un INI de première génération, ça le fait, pour l'autre moins... Et quand ca le fait moins, que propose-t-on ? D'augmenter la dose ... La deuxième ligne qui suit Tivicay ® c'est Tivicay ®: il est son propre antidote.

Question : quand ça le fait, qu'est-ce qui interdit de réduire la dose (de cheval, initiale ?)

Rappelons-le: 95% des patients, stables et indétectables, sont en sur-médication inutile et délétère !

Les commentaires


Palmsprings 23 janvier 2016 à 01:42


Charles-Edouard! 24 janvier 2016 à 00:49


legoeland le 24/01/16


Charles Edouard (prise hebdomadaire unique) le 24/01/16



2016/01/17

L'OMS avec nous!


L'OMS nous donne raison !


Il n'est pas interdit de changer d'avis... On a lu avec délectation ceci:

L'allègement réservé aux tôt traités, c'est factuellement faux. Bon... Il y a un progrès...C'est dur, mais, ça rentre...

La réduction de dose est parfois présentée comme une exception, conditionnée à un dosage sanguin. Elle est pratiquée ainsi à Genève et au Québec. C'est par trop restrictif.

Le Dr Lanzafame (Vérone) fait la réduction de dose en maintenance, sans condition sélective, autre qu'une indétectabilité obtenue et maintenue un bon moment. Le Dr Leibowitch de même: de facto, son cycle court (5/7 ou 4/7) réduit la dose reçue. Le Dr Cal Cohen (essai FOTO, succès total) a même publié ses concentrations (C Through) nettement inférieures à la concentration 'recommandée'. Le Dr Lanzafame a aussi publié, in extenso, patient par patient, les résultats pharmacologiques: l'indétectabilité est maintenue chez tous les patients y compris ceux dont la concentration est très faible.

L'approche alla Lanzafame, c'est la réduction universelle: elle n'est pas conditionnée. Il a essayé en maintenance avec plusieurs formules: inhibiteurs de protéase, d'intégrase, ou des non-nukes (Névirapine, Efavirenz). Succès total à chaque fois.

Les cliniciens, des pays pauvres, ont fait de même... Financement Gates pour 12 million USD. Cette fois, en traitement d'attaque: ce sont les essais ENCORE-1, ENCORE-2, ENCORE-3. Ici aussi, avec succès.

Mais qu'est qui leur prend donc tous de remettre en cause la dose, imposée par le fabricant et approuvée par la FDA ? Et de constater, à chaque fois, que ça marche!

L'essayer (encore faut-il essayer...) c'est l'adopter.

C'est ce que vient de faire l'OMS, à contre-courant des lobbies pharmaceutiques, et pour le plus grand bien (mental) de millions de patients: L'OMS valide la réduction d'Efavirenz de 600 à 400 mg. C'est ici, en p.7.
OMS lanzafame efavirenz encoure1 vih hiv sida WHO Mylan TLE400 Cipla 400 mg


Ci-contre, le Dr Gottfried Hirnschall (OMS).

Chez Mylan, le médicament en pilule unique, en prise quotidienne unique, porte le nom de TLE400. Lire le communiqué de presse.

Les fabricants vont demander l'agrément à la FDA, et l'obtenir, pourquoi en douter? Il est nécessaire pour pouvoir fournir les financeurs internationaux (américains...).

L'OMS valide, La FDA approuve, mais, vous, vous n'y avez pas droit... Pourquoi ?

Aussi efficace, avec moins d'effets secondaires, c'est meilleur! Point barre.

Bon... Réjouissons-nous : L'allègement est entré à l'OMS, sans fanfare, mais entré quand même ! Quand c'est dedans, c'est dedans!

Nous discuterons les implications pour nous dans un prochain billet.

D'ici là participez aux discussions. La plus active est dans Stribild EACS-2015 Hocqueloux

Bon Week-End et bonne bourre !


2016/01/11

Le génie du Dr Cahn


Le génie du Dr Cahn


La monothérapie de Tivicay ®, ça intéresse. Je reçois la question suivante:

Je donne des éléments sur ce commentaire du billet: Stribild ®, EACS-2015, Hocqueloux
Les questions m'aident à construire le billet sur la présentation de Ch. Katlama à EACS-2015. Merci! Pour les plus pressés, voir les transparents et le résumé.

Vu le black-out total chez nos média favoris, je ne suis pas pressé...

Le futur de la thérapie, sous l'angle Dolutégravir (Tivicay ®) est facile à envisager.
Il n'y a que 2 questions à se poser, à titre collectif et individuel:

1 - La monothérapie de Tivicay ® (m') est-elle possible ?, et si oui,
2 - En maintenance, le 10 mg fait-il aussi bien que le 50 mg ?

2 questions, pas une de plus ...

Le génie du Dr Pedro Cahn est d'avoir répondu, partiellement, à ces 2 questions, à la fois.

Sa Bithérapie d'attaque, sans échec, sur patients naïfs, ça en bouche un coin. D'autant que la Lamivudine, accrochée en porte-clés à DTG, est peu puissante, et ne synergise pas avec DTG.

Cette quasi monothérapie, en traitement d'attaque ouvre, à l'évidence, la porte vers des résultats en monothérapie d'attaque (*). Ça va finir par sortir, probablement dès 2016...

Déjà les américains construisent leur argumentaire pour financer un grand essai sur la bithérapie de maintenance DTG/3TC. Et refaire chez eux ce qui est déjà acquis chez nous...L'essai, ASPIRE (NCT02263326), est annoncé ici, ne ne diffère pas de notre essai LAMIDOL
PADDLE, lui aussi, va être refait aux USA: NCT02582684; par le AIDS Clinical Trials Group

L'essai ING-111521 nous a déjà montré que la monothérapie de Tivicay, en attaque, sur patients naïfs, c'est possible. La clinique va confirmer ce que l'on sait déjà.
C'est ce même essai ING111521 qui avait permis au fabricant d'affirmer que 50 mg est mieux que 10 mg. Plus la dose est élevée plus la réponse est rapide: la vitesse de la réponse est à proportion de la dose.
Certes, mais nous, on s'en fout: ce qui nous intéresse c'est le maintien de la réponse.
Pas la vitesse de réponse, à l'attaque... Elle dépend, un peu, de la dose.
Le Dr Pedro Cahn montre qu'elle dépend surtout de la charge virale initiale.

Paddle EACS 2015 Lamivudine Dolutegravir Dr Pedro Cahn indetectable

J'ai classé les patients, du tableau présenté par le Dr Pedro Cahn, par CV avant traitement. (voir aussi ce billet)

On voit très nettement que l'indétectabilité tarde à venir lorsque la charge virale initiale est élevée.

Et aussi, que l'entrée dans la dernière ligne droite, le passage sous 400 copies, garantissant le succès final, est obtenu dès le 10 ième jour (regardez, c'est vrai pour 19 patients: 19/20), tout comme dans l'essai de monothérapie d'attaque : ING111521 (9/10) !

Avec ou sans Lamivudine, le résultat est le même...(*)

Alors, on peut s’embêter à prendre de la Lamivudine (300 mg, 1 fois par jour), au début. Sans perdre de vue de retirer cet accessoire, à terme(*).

L'essai PADDLE (*) nous éclaire donc sur ce que ING111521 envisage: la maintenance en Monothérapie de Tivicay ® est possible.
(*) = patients naïfs de traitement, donc/ou n'ayant jamais pris d'INI
Il éclaire aussi la deuxième question fondamentale: 10 mg, au lieu de 50 mg, suffit-il à la maintenance ?

Vous ne voyez pas en quoi PADDLE nous éclaire sur la réduction de posologie ? Alors, à bientôt pour un prochain billet.

C'est fascinant, n'est-ce pas ?


legoeland 10 janvier 2016 à 14:39


Charles-Edouard! 11 janvier 2016 à 03:26